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Vous n’aurez pas ma haine

L’histoire
Antoine Leiris a perdu sa femme, Hélène Muyal-Leiris, le 13 novembre 2015, assassinée au Bataclan. Accablé par la perte, il n’a qu’une arme : sa plume. À l’image de la lueur d’espoir et de douceur que fut sa lettre « Vous n’aurez pas ma haine », publiée au lendemain des attentats, il nous raconte ici comment, malgré tout, la vie doit continuer. C’est ce quotidien, meurtri mais tendre, entre un père et son fils, qu’il nous offre. Un témoignage bouleversant.
Ancien chroniqueur culturel à France Info et France Bleu, Antoine Leiris est journaliste. « Vous n’aurez pas ma haine » est son premier livre.

Mon avis
Voici une chronique délicate, très délicate. En effet, Vous n’aurez pas ma haine est entre la nouvelle, la biographie et l’exutoire. L’auteur l’a rédigé après la mort de sa femme, tuée lors des attentats du Bataclan. Comment alors rédiger la critique d’une oeuvre aussi personnelle ? Quels mots choisir pour donner notre impression face à la reconstruction du veuf ? Qu’avons nous le droit de dire d’un texte aussi honnête ? Lire la suite « Vous n’aurez pas ma haine »

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La délicatesse

L’histoire
« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
– Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, répondit Nathalie.
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

Mon avis
Je ne peux faire qu’une éloge de La délicatesse… J’ai littéralement été envoûtée par ma lecture, délicieuse et délicate. Un grand moment de douceur, fort en émotions, dont je ne voulais pas voir la fin, tout simplement. Lire la suite « La délicatesse »

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The air he breathes, The elements series book 1

L’histoire
Tout le monde m’avait avertie au sujet de Tristan Cole.
– Garde tes distances avec lui, me disait-on.
– Il est cruel.
– Il est froid.
– Il est bousillé.
C’est facile de juger un homme sur son passé. De regarder Tristan et de voir en lui un monstre. Mais je n’ai pas pu réagir de la sorte. J’ai reconnu la désolation qu’il portait parce qu’elle était comparable à celle qui m’habitait, et je l’ai acceptée.
Lui et moi, nous étions des coquilles vides. Nous étions tous deux à la recherche d’autre chose. De quelque chose de plus. Nous voulions tous deux recoller les morceaux éparpillés de nos passés respectifs. C’était peut être la condition pour que nous puissions finalement réapprendre à respirer.

Mon avis
Avant de le trouver sur la table dédiée à la littérature érotique qui ne cesse de grandir (bien malgré nous) dans le magasin où je travaille, The air m’avait interpellée sur les réseaux outre-Atlantique qui n’en disaient que du bien. J’ai alors décidé de dépasser les préjugés que j’ai envers ce genre de littérature et ses ferventes lectrices pour devenir l’une d’elles et me mettre à lire The air en anglais sur ma liseuse. Très très agréablement surprise, j’ai tout simplement a-do-ré. Lire la suite « The air he breathes, The elements series book 1 »

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Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi

L’histoire
Mathias, un jeune homme d’une trentaine d’années, vient de perdre sa mère. Sur le parking de l’hôpital, il rencontre un géant qui l’aide à accepter de vivre malgré cette disparition et l’invite à un voyage fantastique dans le pays des morts. Cette évasion dans l’imaginaire lui permettra de passer d’un monde enfantin peuplé de super héros rassurants au monde plus cru et cruel des adultes.
Dans la lignée d’un Tim Burton ou d’un Lewis Carroll, Mathias Malzieu signe ici un texte unique, à la fois conte d’initiation survolté et roman intimiste bouleversant. Un texte d’une force, d’une drôlerie et d’une poésie universelles, écrit parfois comme on peut crier sa douleur, ou l’envelopper dans le coton de ses rêves.

Mon avis

Moi j’y vais, je vais commencer par me tirer de ce con de parking plein à ras bord de vide et je vais don quichottement affronter Big Ben et toutes les plus grandes horloges du monde. Je vais escalader, tu vas voir, regarde, je grimpe ce putain de clocher anglais et je tords les aiguilles, regarde ! Il est peu avant 19 h 30, ils ne t’auront pas ! Regarde comme je fais la manivelle avec les petits muscles que tu m’as fabriqués dans ton ventre trente ans plus tôt ! Tu te lèves ! Il n’y a plus de tuyaux en plastique, il n’y a plus de soupe dégueulasse et de steak haché au goudron, plus de biscuits aux miettes de gravier non plus ! Tu t’envoles vers la maison ! On y mangera sur la terrasse et tes yeux seront ouverts comme des billes agate noisette ! Regarde, les avions reculent, tout le monde parle à l’envers ! Tes petites-filles, Mathilde et Charlotte, rebondissent sur tes genoux, on va mettre un disque un peu fort sur la chaîne de la salle à manger pour qu’on l’entende sur la terrasse ! Regarde, le vide et la nuit ! On leur pète la gueule à coups de manivelle ! Big Ben ! Il n’y a plus rien dans ton ventre, tu es libre ! Le peuplier géant, regarde-le verdir, les chats qui grimpent dessus ont de la sève sur les pattes et s’en foutent partout quand ils se battent ou s’embrassent ! Oh, ça sent la tarte aux pommes, tu y as encore glissé des fées à la canelle, il ne va pas en rester une seule miette ! Et tu es là, avec tes pinces-crabes dans les cheveux, à te dandiner en glissant des « Elle est bonne hein ? Elle est bonne hein ? Elle est bonne hein… »

Je regrette presque de refermer mon livre ; impossible de ne pas s’attacher au narrateur que l’on souhaite soutenir du plus profond de notre coeur dans le deuil qu’il doit faire de sa mère ; un narrateur que l’on aimerait avoir devant soi pour le serrer fort dans ses bras et lui offrir une pâtisserie (si on est capable d’en faire des aussi bonnes que sa maman). On l’aime de tout son coeur, ce narrateur… Lire la suite « Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi »