La panse

L’histoireLa panse
Bastien Regnault part à la recherche de Diane, sa soeur jumelle, dont la famille n’a plus de nouvelles depuis plusieurs mois. Des indices convergents le mènent très vite à la Défense. Le quartier des affaires, chargé d’histoire, va, petit à petit, se dévoiler à lui, lui révélant un monde inconnu et souterrain, où, semble-t-il, officie une mystérieuse et très ancienne société secrète : la Panse.
Après Le casse du continuum, Léo Henry poursuit, avec La Panse, son exploration des genres dits « populaires ». Il propose cette fois un thriller d’infiltration lovecraftien ancré dans l’ici et maintenant, un roman remarquable, qu’on ne lâche plus une fois entamé, preuve, s’il en était encore besoin, de son immense talent.

Mon avis
Je crois que ma lecture m’a carrément laissée perplexe… Elle démarrait sur les chapeaux de roues mais plus les pages défilaient, plus le plaisir de lire diminuait.

Orange vous informe que votre SMS n’a pas pu être acheminé.
Motif : numéro inexistant ou non attribué.
Message : Bonne année, soeurette. On essaie de se voir en 2016.

Ca commençait vraiment pas mal pourtant ; nous sommes en effet très vite emportés par l’action et le suspense. Bastien se lance effectivement à la recherche de sa soeur jumelle dont lui et sa famille n’ont plus forcément de nouvelles depuis plusieurs semaines ; elle n’a pas non plus reçu le SMS de « bonne année » qui lui était destiné. Facebook, mails et cloud, tous les moyens d’abord mis en oeuvre pour partir sur ses traces sont bien d’aujourd’hui afin de rendre l’immersion encore plus grande et plus excitante à la fois. Rapidement, alors que les quelques toutes premières pages nous entraînent déjà dans une quête étrange aux côtés d’un Bastien somme toute comme vous et moi, l’énigme s’épaissit et on a envie d’y creuser tout autant que le personnage pour comprendre ce mystère. On finit même assez tôt, au premier quart à peine, par croiser Diane, sa soeur, qu’il doit bizarrement saluer avant de quitter une réception sombre et codée digne des événements organisés par les plus puissantes sectes bizarres du monde.

Non, il ne s’agit pas de ça, ne te moque pas. Je parle de quelque chose de beaucoup plus abstrait. Comme un système. Une façon de voir les choses, qui permettrait de tout remettre en perspective. Une grille de lecture du monde, que ceux qui détiennent le pouvoir chercheraient à nous empêcher de connaître. Un secret.

Et puis finalement, Bastien n’est plus seul. Neo Clean. Trois syllabes. Comme dans « What the fuck » (si si !). Le voilà embauché chez Neo Clean. Le lecteur est tout aussi laissé perplexe que lui. Même si c’est véritablement un point de départ pour le jeune homme et son élévation, c’est aussi, pour celui qui lit son histoire, le point de départ d’une perplexité grandissante. Divisé en quatre parties comme les quatre estomacs d’un ruminant dont les chapitres portent d’ailleurs les noms, le roman digère véritablement la psychologie du personnage mais également, malheureusement, le plaisir de lecture. Petit à petit, Bastien s’enfonce dans des couloirs, des tuyaux, des passages, coins et recoins dans la ville de Paris, et plus particulièrement, le quartier de la Défense aussi froid que vivant et qui donne l’impression d’avoir des entrailles qui pulsent sous le bitume. On a vraisemblablement un peu mal à suivre le personnage dans ses allers et retours au point qu’on en perd le but premier de ses allées et venues : Diane, la soeur portée disparue. Son prénom manque beaucoup au roman et à l’oreille du lecteur. Bastien est ballotté entre les pages comme entre les décors un petit peu répétitifs parfois au gré des envies difficiles à cerner d’un auteur qui ne manque cependant pas d’imagination. Pendant très longtemps, on trépigne et on se demande où l’écrivain veut en venir mais le dénouement laisse un arrière goût un peu fade qui s’estompe rapidement sur notre langue.

Tu peux quitter la tour, abandonner tes frères. Tu peux t’en aller de la Défense. La Panse sera toujours là et toi au-dedans.

Ma note
J’accorde ★ ★ ☆ ☆ ☆ à La panse. L’auteur m’a rapidement perdue quelque part entre les lignes et dans Paris alors que je voulais poursuivre tout autrement l’enquête de Bastien qu’il élève à un niveau hiérarchique qu’on ne comprend véritablement pas. La panse cependant, c’est un contexte riche, une forte mythologie et un paysage intelligent pour lesquels il faut saluer l’auteur qui sait faire du quartier de la Défense un personnage à part entière qui, énorme, engloutit et digère tout sur son passage.

A savoir
J’ai lu La panse dans le cadre de l’édition Masse Critique de avril 2017 organisée par Babelio. Merci à Babelio et aux éditions Gallimard pour la découverte de ce thriller hors norme qui saura sans nul doute conquérir les coeurs des lecteurs plus aguerris que moi.

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Infos
Titre français : La panse
Auteur : Léo Henry
Date de sortie originale : 2017
Date de sortie poche : 2017
Editeur français : Gallimard/Folio
Nombre de pages : 304
ISBN : 9782070469741
Lu en français.

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Une réflexion sur “La panse

  1. Pingback: Les lectures du mois : avril 2017. | Lire, c'est boire et manger.

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