La fille qui cherchait son chien (et trouva l’amour)

L’histoireLa fille qui cherchait son chien (et trouva l'amour)
Une jolie psy qui ne tourne pas rond. Une ado qui parcourt inlassablement les rues de la ville à la recherche de son chien. Un garçon amoureux en secret qui la suit. Une famille un brin bancale. Un séduisant célibataire qui fuit ses sentiments…
Dans ce roman décalé et rafraîchissant, où bat le coeur de San Francisco, Meg Donohue brosse une galerie de portraits drôles et attachants où chaque personnage, toujours relié aux autres, cherche son chien à sa manière : avec nostalgie, avec passion, avec vulnérabilité… et finit par se trouver lui-même et rencontrer l’amour.
Un regard tendre et drôle porté sur les liens qui unissent les êtres humains entre eux, et à leurs compagnons les plus fidèles.

Mon avis
N’ayant plus forcément le temps de lire autant qu’avant (je pense qu’on constate ça assez facilement sur mon blog inactif ces dernières semaines…), j’avais envie d’un livre simple, rapide et léger. Un feel good book s’imposait et j’ai alors choisi dans ma bibliothèque La fille qui cherchait son chien (et trouva l’amour). Mais il m’a laissé un peu sur ma faim.Maggie est une psy pas tout à fait comme les autres car elle est spécialisée dans le deuil animalier. C’est elle que vous devez aller voir pour remonter la pente si vous ne parvenez pas à reprendre le dessus suite à la mort de votre toutou adoré. Elle est nouvelle dans la ville et reçoit les gens chez elle pour écouter leur peine et leur nostalgie. Mais finalement, « c’est l’hôpital qui se fout de la charité », comme on dit. Car Maggie ferait bien de voir un psy, elle aussi. Son problème ? Elle ne peut pas sortir de chez elle depuis la mort de son propre chien, compte les jours sans mettre un pied dehors, se lave les mains à l’eau très chaude plusieurs fois par jour et se gave de cachets de vitamine C qu’elle garde constamment dans sa poche. Comme dans beaucoup de lectures légères, on trouve un personnage à l’écoute mais… qui donc écoutera ce personnage ?! Cliché.

Les chiens, je les ai toujours aimés. Vous connaissez tous des personnes incapables de croiser un bébé dans la rue sans s’arrêter pour roucouler ? Eh bien, il m’arrive la même chose avec les chiens. Et les chiots, me direz-vous ? Pareil, puissance mille. Par exemple, je suis convaincue que caresser un chiot porte bonheur. Il y en a qui touchent le ventre d’un bouddha, moi, je papouille les bébés chiens. Il y en a qui adoptent un numéro fétiche, moi, je crois au chiot porte-chance. C’est plus logique, je trouve. Est-ce qu’un nombre évoque la puissance de l’amour inconditionnel ? Non. Est-ce qu’un chiffre incarne la loyauté, la joie de vivre ou la bonté ou l’amitié ou… Bon, bref : j’aime les chiens.

C’est Maggie que l’on côtoie la plupart du temps et on la voit habilement évoluer au fil des pages… sans pour autant qu’elle ne se soucie de pouvoir payer son loyer du fait qu’elle manque encore beaucoup de patients ; mais elle parvient visiblement comme par magie à vivre de sa profession. Celle-ci va la mener à rencontrer une certaine Anya, personnage un peu lisse et répétitif, qui a cruellement besoin d’aide mais qui n’en veut pas pour autant. C’est sur la quête d’Anya que repose la trame du livre et les diverses rencontres que fera le personnage principal. Mais ni l’une ni les autres sont trépidantes. La vie suit son cours dans ces trois cents pages en toute simplicité et les aventures de Maggie manquent souvent de rythme pour nous tenir en haleine et nous faire dévorer le roman. Et c’est dommage, car ça partait d’une bonne intention. En effet, les connaissances quant aux comportements canins ne manquent pas et on ne doute alors pas une seule seconde des compétences de la psy, bien que quelques paragraphes un peu redondants et lourds ressemblent parfois à un cours de psychologie ou de biologie d’une école de vétérinaire. L’optimisme est également ultra présent et c’est appréciable. Après tout, La fille qui avait perdu son chien (et rencontra l’amour), avec notamment son happy end, remplit alors complètement son rôle de feel good book, même s’il manque de toucher pleinement le lecteur. Quant à l’histoire d’amour de Maggie, elle pointe le bout de son nez un peu tard et se conclut rapidement.

Je réfléchissais à un truc… Est-ce qu’on peut parler de spectre agoraphobique comme il existe un spectre autistique ? Si c’est le cas, je pense qu’on est nombreux à être atteints par une forme atténuée du syndrome. Ca ne veut pas dire que je prends à la légère le sort de ceux qui souffrent de la forme vraiment grave de cette… euh… maladie… Mais on peut faire tant de choses en restant chez soi, de nos jours – que ce soit au niveau des rapports sociaux ou des actes de consommation courante – que je crois que nous perdons tous plus ou moins l’habitude de négocier avec le monde extérieur. Parfois, je me dis que la situation du face-à-face classique est en voie de disparition. Et moins on pratique, plus cela devient difficile de sortir de chez soi, de se confronter aux autres.

Malheureusement, bien malgré elle, Maggie finit par agacer. Son trouble psychologique irrite autant les personnes qui l’entourent que le lecteur qui ne parvient pas malgré tout à la prendre en pitié. Par ailleurs, la thérapeute semble parvenir à en venir à bout comme par magie (pouf pouf !), du jour au lendemain, alors que franchir le portail de sa cour semblait presque la tuer quelques chapitres plus tôt. Oui, les chiens nous font du bien ; oui, on peut s’en sortir lorsqu’on en a la volonté ; mais ici, dans le roman, ça relève plutôt d’un coup de baguette magique que d’un coup de la réalité.

C’est la faute à Google.
Je plaisante, bien sûr. Je suis thérapeute, je sais que je ne peux pas faire porter le chapeau au web. Mais quand on est paniquée à la seule idée de sortir de chez soi, comme moi, il faut bien reconnaître qu’Internet résout tous les problèmes. World Wide Web vous prend dans ses bras accueillants. Ou, plutôt, on y tombe. Les courses alimentaires, les livres ? Commandés en ligne, livrés à domicile. Les vitamines, les compléments nutritionnels, l’alcool ? Idem. Internet est mon dealer aux yeux d’aigle. Il encourage mes faiblesses avec sa subtilité faussement désinvolte. « Inutiles de sortir, ronronne Amazon lorsque je me trouve à court de savon antibactérien pour les mains. Dès demain, tu auras ta dose devant ta porte. »

Ma note
J’accorde ★ ★ ☆ ☆ ☆ à La fille qui cherchait son chien (et trouva l’amour). C’est un feel good book qui ne va pas assez loin et dont les répétitions et le manque de rebondissements gâchent la lecture. La légèreté est là mais sans aucun doute un peu trop présente pour que le roman soit un peu plus profond et plus captivant. Le plus petit plus réside dans les chiens ; tous les lecteurs qui possèdent un toutou sous leur toit se reconnaîtront dans le comportement que décrit l’auteur et l’amour que les personnages portent à leurs petits animaux de compagnie.

gif
Infos
Titre original : Dog crazy
Titre français : La fille qui cherchait son chien (et trouva l’amour)
Auteure : Meg Donohue
Date de sortie originale : 2015
Date de sortie poche française : 2016
Editeur français : HarperCollins
Nombre de pages : 320
ISBN : 9782280352147
Lu en français.

Publicités

8 réflexions sur “La fille qui cherchait son chien (et trouva l’amour)

  1. Je ne connaissais pas du tout ce livre, merci pour la découverte, mais je ne sais pas si je tenterais j’ai du mal avec les personnages qui tapent sur le système, j’en viens à chaque fois à occulter l’intrigue tant je suis concentrée sur mon énervement hahaha

    • Je suis tombée sur ce livre complètement par hasard dans un magasin et je n’en avais pas entendu parlé non plus. En tout cas, Maggie n’est pas si détestable. Mais le personnage est trop lisse et Anya un peu agaçante pour, comme tu dis, profiter pleinement de l’intrigue. Dommage !

      • Je fais très rarement ça moi me plonger dans un livre ou l’acheter sans en connaitre grand chose haha
        Dommage oui mais au moins t’a tenté ça aurait pu être un coup de coeur !

      • Des fois, on est agréablement surpris ! Mais c’est sûr qu’on trouve des coups de coeur plus facilement dans des livres qu’on voit souvent passer sur Instagram ou Tumblr.

      • Disons que ça donne plus d’idée Instagram haha on voit ceux qui sortent du lot, apres c’est pas non plus les meilleurs y’a de petites petites qui se cachent parmi des livres peu connus

  2. Pingback: Les lectures du mois : février 2017. | Lire, c'est boire et manger.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s