Le musée des monstres, tome 1 : La tête réduite

L’histoireLe musée des monstres, tome 1 : La tête réduite
Mesdames et messieurs, petits et grands, bienvenue au Musée des Horreurs de Dumfrey. Venez découvrir ses curiosités en tout genre et autres bizarreries merveilleuses !
Ce que vous trouverez dans ce livre : une femme à barbe presque séduisante, plusieurs meurtres scandaleux, une tête réduite amazonienne délicieusement effrayante, quatre orphelins extraordinaires, avec des capacités hors du commun.
Ce que vous ne trouverez pas dans ce livre : une file d’attente interminable dans un parc d’attractions, des choux de Bruxelles nauséabons, une méthode pour apprendre à finir tous vos devoirs à temps, une histoire du soir à raconter à vos petits frères et soeurs…

Mon avis
Illustré par Benjamin Lacombe et sublimé par une couverture belle et intrigante, Le musée des monstres a naturellement éveillé ma curiosité et a su la rassasier. Destiné à un jeune public, le roman ne manque cependant pas de petits éléments accrocheurs pour les lecteurs plus vieux. Le musée des monstres, c’est d’abord l’histoire de quatre gosses pas si petits que ça.

« J’ai pensé qu’il s’agissait de gamins du quartier, a déclaré le capitaine Hardaway. Ils m’ont paru normaux. » Or ces enfants sont précisément tout sauf normaux, et votre serviteur en a fait l’expérience. Thomas Troncheux, Pippa Devue, Sam Fort et Mackenzie (nom de famille inconnu) ont acquis leur notoriété grâce à leurs dons étranges, que certains n’hésiteraient pas à qualifier de surnaturels. Un corps aussi malléable qu’un élastique, le pouvoir de lire dans les esprits, ou au moins dans les poches, une force inimaginable, le talent de lancer des couteaux à une vitesse inhumaine… Voilà ce dont sont capables, entre autres, ces monstres, ces abominations de la nature.

Thomas, Pippa, Sam et Max ont chacun une particularité qui leur vaut un succès véritable au musée. Avec leurs compagnons tout aussi particuliers, ils provoquent au sein de la ville une certaine curiosité qui n’est pas sans rappeler le phénomène des freak shows d’il y a un siècle ou deux aux Etats-Unis, le côté glauque et effrayant pour adulte en moins. Chacun des personnages a alors une personnalité bien à lui et vient équilibrer le récit avec les autres de façon efficace. Ces différentes personnalités permettent au lecteur de bien distinguer les enfants les uns des autres ou même de, parfois, anticiper un petit peu les réactions de quelques uns d’entre eux. A l’image d’un puzzle, chacune des pièces, chacun des personnages, a sa propre forme et sa propre fonction dans le récit. C’est ainsi que Thomas, Pippa, Sam et Max vont se compléter de plus en plus au fil des pages, lors du déroulement de l’enquête.

Thomas sentit une étincelle d’excitation dans son ventre. Pour la toute première fois, il avait l’impression que Pippa, Sam et lui formaient une équipe. Pour la toute première fois, il avait l’impression qu’ils faisaient quelque chose d’important, qu’ils ne se contentaient pas de rejouer les mêmes tours, encore et encore, comme des singes savants. Et Thomas avait toujours, toujours voulu faire quelque chose d’important. Quel était l’intérêt d’être différent si on ne pouvait pas en plus être spécial ?

Car oui, tout ce petit monde mène une enquête, alors que la tête réduite, dernière pièce de la collection hors norme de Dumfrey, vient à disparaître mystérieusement du musée, non sans évoquer une étrange malédiction qui s’abattrait sur les personnes qui ont posé les yeux sur elle. Derrière ses allures de roman pour enfants, Le musée des monstres prend finalement une tournure de roman policier allégé dans lequel l’enquêteur devient quatre jeunes enfants partis à la recherche d’un assassin dans les rues d’une ville qui ne porte pas forcément de nom mais dans laquelle on pourra se retrouver. Comme tout bon détective qui se respecte, ils vont faire des rencontres importantes qui les mèneront dans des endroits clés aux quatre coins et recoins de la ville. Ils maîtrisent parfaitement le suspens à leur façon, la toute dernière phrase du chapitre vous donnant immanquablement envie de tourner rapidement la page pour entamer le suivant. Comme les grands, Le musée des monstres pourrait être qualifié de page turner. Un Agatha Christie pour les petits, en somme.

Les spectateurs, murmura-t-il. Ils ont besoin de nous, voyez-vous. Leur imagination est affamée, elle dépérit ! Ces pauvres malheureux rêvent d’histoires qui enflammeront leurs cerveaux et leurs coeurs !

Pour les plus grands lecteurs, bien que les ingrédients typiques du polar répondent à l’appel, Le musée des monstres manquera sans aucun doute de profondeur pour nous faire dévorer un peu plus le livre. En dents de scie, ma lecture s’est montrée parfois laborieuse, alors que j’aurais aimé voir les capacités du quatuor un peu plus exploitées et mises en avant, à la manière des super-héros d’aujourd’hui et auxquels ils ressemblent lorsqu’on parle d’eux dans les premières pages. Quelques passages sont parfois longs et vite oubliés mais d’autres, notamment les scènes révélatrices, viennent redonner du souffle au texte et à l’intrigue qui, alors, nous… intrigue un peu plus qu’avant ! La fin saura étonner tous les lecteurs qui ne l’auront pas vu venir mais une fois encore, elle ne sera peut être pas assez impactante pour les plus âgés.

Ma note
J’accorde ★ ★ ★ ☆ ☆ à Le musée des monstres, tome 1 : La tête réduite. Ce roman pour très jeunes adolescents est un mélange très efficace de Les enfants particuliers, de véritables freak shows et d’Agatha Christie. Les plus jeunes vont sans aucun doute prendre du plaisir à s’interroger tout autant que les personnages sur le mystère de la tête réduite sans pour autant pouvoir s’identifier à eux. Les lecteurs les plus vieux manqueront de matière pour s’enthousiasmer tout au long de leur lecture. Quant à Benjamin Lacombe, les jolies illustrations bien peu nombreuses et se comptant presque sur les doigts d’une main ont le goût amer de l’argument commercial plutôt que celui d’un intérêt véritable.

A savoir
J’ai lu Le musée des monstres, tome 1 : La tête réduite dans le cadre de l’édition Masse Critique de octobre 2016 organisée par Babelio. Merci à Babelio et aux éditions Hachette pour cette aventure aux côtés d’un quatuor peu ordinaire mais très attachant.

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Infos
Titre original : Curiosity house: The shrunken head
Auteur : Lauren Oliver & H.C. Chester
Date de sortie originale : 2015
Date de sortie France : 2016
Editeur : Hachette
Nombre de pages : 352
ISBN : 9782012044647
Lu en français.

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3 réflexions sur “Le musée des monstres, tome 1 : La tête réduite

  1. Pingback: Les lectures du mois : novembre 2016. | Lire, c'est boire et manger.

    • Il y a d’autres tomes prévus ; à voir si le style grandit tout autant que les personnages. Mais je pense que le côté super héros et Tym Burton pourrait te plaire quand même.

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