Sous la même étoile

L’histoireSous la même étoile
Hunter et Ashlin, demi-frère et demi-soeur, passent tous les ans un peu de temps chez leur père. Petits, ils y ont rencontré Chance qui est rapidement devenu leur meilleur ami. Après deux ans d’absence suite à l’accident de leur père, Hunt et Ash retrouvent celui qu’ils aiment tant. Mais ils ont tous les trois grandi.

Mon avis
Attention, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, avec Sous la même étoile, je pourrais vous en faire un livre, de ma critique ! Ce roman est une pépite, un trésor, un chef d’oeuvre, parfait, sublime, merveilleux, et j’en passe. Les mots me manquent véritablement pour qualifier ce roman presque inqualifiable qui a produit en moi des émotions inqualifiables avec un plaisir tellement grand qu’il est inqualifiable. Je me répète ? Oui. Mais même si je vous avais promis un roman quelques mots plus haut, en fait, je ne sais pas par où commencer, quels mots utiliser, quoi dire, quoi garder secret ; bref, comment vais-je donc bien pouvoir décrire ce qui est sans aucun doute l’une des meilleures lectures de cette année ou de toute ma vie entière (rien que ça) ? Bon, commençons pas le début : la couverture. « Mouais. » Elle ne m’avait pas transcendé en rayon. Deux garçons, une fille, plus âgés que des humains prépubères, allongés dans l’herbe, sans doute un soir. Une romance pour ado avec des ados et des coups de coeur banals dignes des ados ? Non, ça ne présageait rien de bon du tout. Au dos du livre, car je lui ai quand même donné une seconde chance en lisant la quatrième de couverture, quelques mots rapides, un peu flous, pas trop explicites mais déjà très intrigants ; ça donnait quelque chose comme : Ashlin et Hunter doivent protéger celui qu’ils aiment tous les deux. Tous les deux ?! Ni une ni deux et tout compte fait, j’ai pris Sous la même étoile avec moi. Il ne m’en fallait pas plus. Celui qu’ils aiment tous les deux ? Alors Hunter, le demi-frère, serait amoureux de Chance, un garçon ? Bon, je dois avouer que mon petit faible pour les histoires homosexuelles et de découverte de l’amour et de la vie a agi bien malgré moi. Dit comme ça, ce n’est pas très vendeur, je ne vous le fais pas dire, mais si vous avez parcouru mon blog, vous avez sans aucun doute lu ma critique de Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers qui raconte… une certaine histoire (certains considèrent cette phrase comme un spoil, d’autres non, ne m’en voulez pas). J’avais adoré ce sublime roman pour ados. Se pouvait-il alors que Sous la même étoile me réserve bien des surprises à son tour ?

D’ici là, je passerai du temps dehors, peu importe le froid, tant pis si j’ai les pieds gelés. Je resterai à guetter et à attendre celui que je n’ai pas réussi à me sortir de la tête. Car Chance est ainsi fait. Il obsède les autres. Et même après son départ, il se rappelle à nous comme une douleur lancinante. Un souvenir chaleureux qui continue de se dérober.

Le triangle amoureux que laisse présager la couverture de Sous la même étoile s’efface rapidement pour laisser place à deux personnages de façon plutôt inattendue et donc, passionnante. Rien de tel en effet que l’effet de surprise. Mais Chance est un personnage mystérieux, voire parfois carrément mytho et nous, lecteurs, sommes alors en droit de reconsidérer ses déclarations et le moindre de ses faits et gestes. Plane alors tout au long du roman quelques secrets qui nous tiennent en haleine. Même si un ou deux d’entre eux sont totalement prévisibles, nous pouvons nous demander si l’auteur n’a pas volontairement brouillé les pistes entre les personnages mêmes afin que, de notre point de vue omniscient, nous puissions comprendre quelques éléments qui viennent se révéler à Ashlin et Hunter quelques chapitres plus tard. D’ailleurs, chacun des chapitres laisse un personnage s’exprimer, parler de la situation, de son point de vue, de ses sentiments. Ces chapitres qui s’enchainent de façon captivante ne sont pas redondants pour autant, les personnages ne revenant pas sur la situation dont parlait son ami dans le chapitre précédent pour en faire un remix de son propre point de vue, comme certains tomes de sagas épuisées et épuisantes. Non, l’originalité réside justement dans le fait que les chapitres se complètent habilement. Il en est de même des personnages qui représentent alors chacun la pièce d’un puzzle très très malin, intelligent voire complètement jouissif.

Puis Chance se lève et va embrasser notre père et Isobel. Puis il me regarde. Et que faire, sinon sourire quand il se jette à mon cou, me serrant fort contre lui, m’embrassant sur la joue ?
Pas tant sur la joue qu’un peu plus bas, le long de la mâchoire.
Deux centimètres de différence qui multiplient par dix l’intimité de son baiser.

Les apparences laissent croire que tout va bien dans le meilleur des mondes entre ces trois potes, malgré Rachel, malgré les mères absentes sauf lorsqu’on dit du mal d’elles, malgré le froid dehors… Mais cette hiver-là, Ashlin, Hunter et Chance ont grandi et la frontière entre amour et amitié devient indéfinissable. Le genre de Sous la même étoile est lui-même indéfinissable. Romance pour ados ? Roman d’aventures pour ado ? Tranche de vie ? Ou encore, un thriller ? Car OUI, Sous la même étoile cache un énième mystère sans pour autant faire du roman quelque chose de lourd et de compliqué, les secrets se dévoilant les uns après les autres tout en douceur. Ce mystère, c’est un meurtre. Mais je n’en dirai pas plus. Car c’est à ce moment-là que l’histoire atteint son paroxysme, que notre esprit entre en ébullition, notre coeur aussi, déjà tellement bousculé et attaché aux personnages, ce moment-là où on lit encore plus vite qu’avant, qu’on pousse encore plus de ho et de ha durant notre lecture, qu’on nous surprend encore plus qu’avant et qu’on trépigne encore plus brusquement. Jusqu’à la fin. Jusqu’au tout dernier chapitre durant lequel l’auteur laisse la parole à Chance pour la toute première fois. Chance qui va alors apporter les réponses que l’on attendait. Chance qui va nous surprendre bien plus qu’on ne se l’était imaginé. Chance qui va pousser le roman encore plus loin dans sa force, dans sa sensibilité, pour nous retrancher, lecteurs, au plus profond des émotions qui nous submergent bien malgré nous. Et nous refermons le livre, pas du tout indemnes dans notre tête et dans notre coeur.

Ma note
J’accorde ★ ★ ★ ★ ★ à Sous la même étoile, bien qu’il n’existe pas assez d’étoiles au monde pour noter ce roman époustouflant. Je l’ai terminé il y a une semaine et toutes mes lectures sont désormais un peu fades ; il leur manque clairement quelque chose. Chance ? Car comme le dit Hunter dans les pages du livre, Chance « obsède les autres », les autres personnages et les lecteurs. Il m’est même arrivée, j’avoue, de rêver de Sous la même étoile après avoir lu un soir un bon paquet de pages du roman avant de m’endormir. Chance fait partie de ces rares personnages tellement forts et touchants que l’on souhaiterait qu’ils soient faits de chair et d’os et non d’encre et de papier pour croiser leur chemin dans le monde réel. Sous la plume de l’auteur, les personnages de Sous la même étoile ne ressemblent à aucun autre personnage de roman pour ados, les situations sont touchantes et remplies de sensibilité et le livre contient bien des surprises qu’on n’a jamais lues jusque là. Sous la même étoile est aussi rare dans le paysage littéraire que puissant. Un pur bonheur de lecture, beau et déchirant à la fois.

gif_SousLaMêmeEtoile
Infos
Titre original : Made of stars
Titre français : Sous la même étoile
Auteur : Kelley York
Date de sortie originale : 2013
Date de sortie française : 2016
Editeur français : Pocket Jeunesse
Nombre de pages : 320
ISBN : 9782266263696
Lu en français et en anglais.

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