Phobos

Phobos

Marquez l’Histoire avec un grand H
En rachetant la Nasa et tout son équipement au gouvernement surendetté des Etats-Unis, le fonds d’investissement multinational Atlas Capital a décidé de mettre un coup d’accélérateur à la conquête spatiale. Comment ? Grâce à l’argent de la publicité… et à vous ! Le programme Genesis, c’est à la fois un projet spatial unique et une émission de divertissement jamais vue, la première tentative de colonisation de Mars et le plus grand show de l’Histoire. Vous pouvez en faire partie !
Trouvez l’Amour avec un grand A
Tous les jeunes Terriens au sommet de leur fertilité sont invités à postuler au programme Genesis. Les six prétendants et les six prétendantes sélectionnés feront connaissance lors du voyage en aller simple vers la planète rouge, sur laquelle ils fonderont leur famille. Ils auront cinq mois pour se séduire et choisir le partenaire avec qui enfanter. En échange de cette aventure unique, ils autorisent les caméras embarquées à retransmettre leurs séances de speed-dating dans l’espace et chaque instant du reste de leur vie sur Mars, 24 heures sur 24.

L’histoire
La Nasa a été vendue par le gouvernement et le projet Genesis est né : envoyer sur la planète Mars, six jeunes hommes et six jeunes femmes en vue de la coloniser. Durant les cinq longs mois de voyage depuis la planète Terre, un speed-dating est organisé entre les filles et les garçons et retransmis à la télévision, tout comme leur vie dans la navette spatiale.

Mon avis
Phobos n’est ni plus ni moins qu’une énième saga française pour adultes et jeunes ados. On y parle d’amour entre jeunes adultes, des doutes de jeunes adultes, de quêtes de jeunes adultes et de combats de jeunes adultes. Mais détrompez-vous : Phobos est très original. Et son originalité est là où on ne l’attendait pas du tout : le contexte, la science-fiction. En effet, l’histoire se passe dans les étoiles. Et les romans de littérature jeunesse qui prennent place dans l’espace se comptent sur les doigts d’une main (à peine).

Six prétendantes d’un côté. Six prétendants de l’autre. Six minutes pour se rencontrer. L’éternité pour s’aimer.

Léo vous entraîne avec elle sur le pont de la navette spatiale, puis dans la navette spatiale, et enfin, dans le Parloir qui ressemble à s’y m’éprendre à un aquarium avec ses deux occupants qui flottent dans les airs sans aucune gravité terrestre en se faisant la cour sous les étoiles d’un univers infini. Léo, surtout, vous amènera dans sa tête, vous parlera de sa liste de coeur, de la Salamandre, de sa meilleure amie et des doutes qu’elle éprouve quant à la vraie nature de l’expédition de tout ce petit, jeune et beau monde. Sur Terre, c’est Serena, la big boss de cette aventure un peu folle, qui vous met des étoiles plein les yeux. Son projet gigantesque hypnotise toutes les populations de tous les pays du monde entier de l’univers (!) et tous les sponsors qui s’arrachent les places dans le show télévisé. La grande Serena McBee en est propulsée au rang de forte probable future vice présidente avec des allures de maître du monde. En parallèle, le lecteur reste une seconde fois sur Terre car il est plongé dans une troisième lecture de l’histoire, celle d’Andrew qui mène l’enquête avec ses allures de détective et dont le père est mort alors que celui-ci était en plein dans le feu de l’action du projet Genesis pour lancer en orbite puis sur Mars douze gamins célèbres malgré eux dont le destin de l’humanité a tout l’air de dépendre. Phobos a alors trois histoires, trois ambiances et trois points de vue différents mais qui se complètent habilement et qui se rejoignent au fil des pages d’une façon magistrale qui en met plein la vue au lecteur et qui permet à ce dernier de ne pas s’ennuyer une seule seconde. Il est difficile de vouloir reposer son livre…

Serena a dit que la production allait tirer au sort le nom de la première prétendante, n’est-ce pas ? je rappelle. Quand viendra mon tour, je ferai la même chose : je tirerai au sort le nom du garçon à inviter. Je ferai de même pour mes six premières invitations, afin d’éviter tout préjugé. Et puis ensuite, je réinviterai chaque prétendant à tour de rôle, une fois sur six. Jusqu’au bout du voyage.

Envoyer douze prétendantes et prétendants sur Mars où ils vont se marier et avoir beaucoup d’enfants, ça parait simple comme ça, surtout aux yeux des spectateurs. Mais Phobos et l’équipe du projet Genesis cachent un complot énorme. Celui-ci pointe très lentement le bout de son nez au fil des pages alors que les séances de speed-dating se ressemblent parfois et nous laissent un arrière goût de répétitivité dans la bouche ; mais lorsqu’il apparaît complètement à la face de Léo, rien ne va plus. Le suspens et les questions grossissent à vue d’oeil pour le plus grand bonheur du lecteur, la lecture est toujours plus captivante et palpitante et la fin du premier tome se fait encore un plus mystérieuse et impatiente que lors du chapitre précédent. Victor Dixen a tout l’air de manier la plume, l’action et le suspens avec la même facilité que nous avons de faire les lacets de nos chaussures ; il nous entraine avec lui dans son histoire qui finit par ne jamais manquer de rebondissements, de surprises, de ouf, de ho et de ha…

Ca y est, j’ai réussi à contourner le système de brouillage de Genesis. Mon mini-drone est opérationnel, prêt à se balader dans la base, à filmer les dessous de cette pompe à fric abjecte organisée par un fonds d’investissement qui ne connaît rien à l’espace. Je ne sais pas ce que je trouverai, sans doute rien d’autre qu’un lupanar où la science se prostitue au nom du showbiz mais ça n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est que je vais prouver au monde que le système de protection de Genesis peut être piraté, que toute cette entreprise relève de l’amateurisme, que les gens d’Atlas Capital sont des clowns qui ne savent pas ce qu’ils font. Le public est toujours avide de découvrir l’envers du décor, de fouiller les failles du système, de voir les grosses ficelles qu’on voudrait lui cacher.

L’auteur s’est-il inspiré des Hunger Games pour construire Phobos ? La saga Hunger Games est-elle devenue tellement incontournable que toutes les séries pour jeunes adultes et adolescents découlent automatiquement de celle-ci désormais ? Car les points communs entre Phobos et Hunger Games sont nombreux… Dans le premier, douze jeunes adultes, six filles et six garçons, sont venus des quatre coins du monde pour partir à l’aventure, à l’image des tributs donnés par chacun des douze districts de Panem dans le second. Chacun des participants des deux sagas se retrouvent alors continuellement sous l’oeil des caméras et sont retransmis à la télévision dans des programmes télévisés qu’on a tout l’air d’être obligé de regarder pour les y voir trouver l’amour ou mener un combat. Les sponsors dans les deux romans viennent faire des dons à leurs favoris qui pourraient alors leur sauver la vie. Finalement, les opérations sont toujours menées par un être presque totalitaire, charismatique mais pas moins détestable que sont alors Serena MacBee d’un côté et le Président Snow de l’autre…

Ma note
J’accorde ★ ★ ★ ★ ☆ à Phobos. Phobos, c’est de la télé-réalité ultime aussi originale que Nabilla est cruche. Victor Dixen a su y mélanger les ingrédients d’un bon roman pour jeunes adultes et quelques uns moins communs d’un roman de science-fiction sans pour autant perdre ses lecteurs dans des explications tant scientifiques que soporifiques et dans des calculs sortis tout droit de documents confidentiels de la Nasa. On tombe sous le charme de la trame de Phobos, au point qu’on en oublie le mini-plagiat de Hunger Games et l’écriture presque trop simple mais qui n’est finalement pas un vilain défaut car le roman se dévore alors encore plus vite afin de passer très rapidement au tome deux de cette saga spatio-adolescente captivante.

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Infos
Titre original : Phobos
Auteur : Victor Dixen
Date de sortie originale : 2015
Editeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 448
ISBN : 9782221146637
Lu en français.

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4 réflexions sur “Phobos

    • Comme toi, j’ai vraiment adoré et j’ai été surprise par tous les rebondissements et le personnage énorme de Serena McBee. J’ai presque fini le tome deux. Je ne peux que te conseiller de le lire au plus vite. Ca va encore plus loin. 😉

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