Everything everything

L’histoireEverything everything
Comme les enfants bulles, Maddy vit avec sa mère et son infirmière dans l’univers complètement stérile de sa maison. Olly et sa famille emménage un jour dans la maison d’à côté.

Mon avis

Il m’arrive de relire mes romans préférés en partant de la fin. Je commence par le dernier chapitre, et je lis à rebours jusqu’au premier.
Quand on lit de cette manière, les personnages vont de l’espoir vers le désespoir, de la connaissance de soi vers le doute. Dans les histoires d’amour, les couples sont d’abord amants, avant de devenir des étrangers. Les récits d’initiation se transforment en récits d’égarement. Des personnages reviennent même à la vie.
Si ma vie était un roman qu’on lisait à l’envers, rien ne changerait. Aujourd’hui est pareil à hier, demain sera pareil à aujourd’hui. Dans Le Livre de Maddy, tous les chapitres se ressembleraient.

J’ai toujours un peu de mal à lire des livres dont le personnage principal est souffrant ou mourant. J’ai l’impression que, en tant que lecteur, notre rôle est alors de prendre le héros ou l’héroïne en pitié. Et ce n’est pas mon genre. Dans Everything everything, c’est Madeline Whittier qu’il faut prendre en pitié. Cependant, elle a toutes les bonnes raisons malheureuses qu’on le fasse : elle a un système immunitaire qui ne fonctionne pas et un pied dehors peut la tuer ; elle est alors enfermée depuis son plus jeune âge dans sa propre maison ; elle vit seule avec sa mère qui a perdu son mari et son fils alors que Maddy n’était encore qu’un tout petit bébé, etc. Ce n’est pas joyeux joyeux, n’est-ce pas ? Mais Maddy ne déprime pas pour autant. Ses cours d’architecture, ses livres, ses jeux de société, Carla son infirmière qui a des allures de meilleure copine parfois et qui lui rappelle combien « la vie est un cadeau »… La maladie n’est pas omniprésente dans le roman et c’est plutôt agréable ; on nous épargne les larmes, la pitié et le cafard à travers une routine paisible et non moins gaie sans aucun nuage gris à l’horizon. Maddy, elle tient bon. Jusqu’à l’élément perturbateur qui, dans le second tiers du roman, comme dans tout roman qui se respecte ou carrément scolaire, vient donner à Madeline l’envie d’autre chose. L’amour !

Pour la première fois depuis longtemps, j’ai envie de plus que ce que j’ai.

Madeline a dix-huit ans. Mais à la façon dont elle s’exprime dans le roman qui a des allures de journal intime, on lui en donne quinze ou seize. Certes, elle est passée à côté de beaucoup de choses à force d’être enfermée dans sa maison, donc on ne peut peut être pas lui en vouloir. Mais contrairement aux romans d’aventure pour jeunes lecteurs dans lesquels, souvent, les personnages ont tout l’air d’avoir le double de l’âge figurant sur leur carte d’identité, ici, c’est l’inverse ; et Maddy et Olly, bien qu’ils soient à la porte du monde fabuleux des adultes, ont trop souvent l’air d’adolescents un peu coincés et maladroits et pas plus intelligents que les clichés que certains auteurs collent à leur peau : les problèmes avec papa, maman trop présente, la fille d’à-côté, l’amour, les bisous et le sexe (à toute petite dose ici, une allusion ou deux tout au plus, ne vous y méprenez pas, mais ça reste peu original). Everything everything est alors sans aucun doute à réserver aux tout jeunes adolescents. Le roman est soigné ; l’écriture reste de bon niveau tout de même, la mise en page est plutôt originale et les dessins réalisés par le mari de l’auteur sont joliment introduits et apportent une touche fort agréable à la lecture. On se croirait complètement dans la vie de Maddy.

J’examine ma chambre blanche autour de moi, mon canapé blanc, mes étagères blanches, mes murs blancs, ces choses si sûres, familières et immuables.
Je pense à Olly, qui doit m’attendre, transi de froid après sa décontamination. Il est tout le contraire. Pas sûr. Pas familier. Toujours en mouvement.
Il est le plus grand risque que j’aie jamais pris.

La vie de Maddy. Parlons-en brièvement. J’avais deviné, tout simplement. Après m’être posée les questions habituelles et obligatoires comme : « Est-ce que Maddy va mourir ? Est-ce que c’est Olly qui va mourir ? », une autre moins commune a fini rapidement par pointer le bout de son nez pour finalement ne pas me lâcher jusqu’à la fin de ma lecture. Et il s’est avéré que j’avais deviné ce qu’il se tramait au-delà des mots, dans la vie de Madeline et dans la tête de sa mère. Je me suis alors demandée : faut-il être fier d’avoir deviné la fin du roman ou faut-il en vouloir à l’auteur ? Mais ne lui en voulons pas complètement car cette fameuse fin que j’ai devinée se révèle malgré tout bien peu commune et bien ficelée parmi toutes ces lectures pour ados.

J’ai lu beaucoup plus de livres que vous. Peu importe combien vous en avez lu, j’en ai lu plus. Croyez-moi. J’ai eu tout le temps.

Ma note
J’accorde ★ ★ ☆ ☆ ☆ à Everything everything. Everything everything n’est pas du tout un mauvais roman pour autant. Plus simple dans le ton lisse sans entre-lignes mais plus complexe dans son intrigue que Nos étoiles contraires, il faut sans aucun doute le lire au bon âge pour pouvoir l’apprécier pleinement. Mais sa prévisibilité presque omniprésente parfois gâche la douceur du récit, de Madeline et de son histoire d’amour et de vie.

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Infos
Titre original : Everything everything
Titre français : Everything everything
Auteur : Nicola Yoon
Date de sortie originale : 2015
Date de sortie française : 2016
Editeur français : Bayard
Nombre de pages : 370
ISBN : 9782747052788
Lu en français.

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Une réflexion sur “Everything everything

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