Nous les menteurs

L’histoireNous les menteurs
Candence Sinclair fait partie des Sinclairs, de beaux et riches gens qui passent tous leurs étés sur une île privée entre cousins, tantes et grands-parents. Quelque chose se trame au sein de cette famille.

Mon avis
Attention, chef d’oeuvre. Voici l’un de mes coups de coeur lecture de 2015. Je n’avais entendu que du bien de ce livre sur les réseaux sociaux anglais, et plus particulièrement sur Tumblr. La pochette intrigante, l’enthousiasme des blogueurs et les avis plus que positifs… il ne m’en a pas fallu plus pour que je me procure ce livre en Angleterre alors qu’il n’était pas encore sorti dans nos librairies françaises. La fin avait tout l’air de bluffer tous les lecteurs ; je voulais absolument savoir de quoi il s’agissait.

Then he pulled out a handgun and shot me in the chest. I was standing on the lawn and I fell. The bullet hole opened wide and my heart rolled out of my rib cage and down into a flower bed. Blood gushed rhythmically from my open wound,
then from my eyes,
my ears,
my mouth.
It tasted like salt and failure. The bright red shame of being unloved soaked the grass in front of our house, the bricks of the path, the steps of the poarch. My heart spasmed among the peonies like a trout.
Mummy snapped. She said to get hold of myself.
Be normal, now, she said. Right now, she said.
Because you are. Because you can be.
Don’t cause a scene, she told me. Breathe and sit up.
I did what she asked.

Nous les menteurs est parfait, tout simplement. L’écriture est riche, tout comme la mise en page qui n’a parfois rien d’ordinaire. L’auteur maitrise complètement son texte. Elle maitrise tout autant ses personnages, la trame de son histoire, sa narration, ses rebondissements et son dénouement. Pas de perte de rythme, le texte sait complètement vous tenir en haleine. Tout est justement dosé, comme une recette faite et refaite mais dont un seul cuisinier en est le spécialiste, le seul qui connaitrait l’ingrédient magique afin que sa réalisation surpasse toutes les autres. Voilà brièvement pour les points techniques mais laissez-moi vous parler du suspens. Je n’ai jamais véritablement lu de livre qui en contenait autant. En guise de suspens plane un secret, tout le temps, partout, entre les lignes, dans les dialogues, dans la narration, à travers les personnages et dans leurs coeurs. Le titre même vous mène d’ores et déjà à vous posez des questions, alors que vous le voyez apparaître sur une page web ou sur le livre dans une librairie. Entre les deux couvertures de papier épais se tisse toujours un peu plus ce vous-ne-savez-quoi que vous pensez pouvoir enfin découvrir sur la page suivante. Peine perdue ; Nous les menteurs est un page turner efficace comme aucun autre qui excelle dans l’art de vous surprendre ; et pendant cent quatre-vingt dix-huit pages, vous avez le temps de vous imaginer absolument tout. Tout, sauf ce que la narratrice vous dévoile à la page 201… Si vous saviez !

Gat, my Gat. He had picked me a rose from our favorite walking place. He had hung it to dry and waited for me to arrive on the island so he could give it to me.
I had kissed an unimportant boy or three by now.
I had lost my dad.
I had come here to this island from a house of tears and falsehood
and I saw Gat,
and I saw that rose in his hand,
and in that one moment, with the sunlight from the window shining on him,
the apples on the kitchen counter,
the smell of wood and ocean in the air,
I did call it love.

Une histoire familiale, les valeurs de la famille inébranlables, un héritage, une mascarade, les hommes absents, d’autres qui apparaissent, des histoires d’amour, un accident, des pertes de mémoire… E. Lockhart parvient habilement à toucher un peu à tout pour semer quelques petites miettes de pain par-ci par-là afin que ses personnages ne se perdent et afin de titiller toujours un peu plus votre curiosité.

I cry for all my possessions, given away. I miss my pillow, my books, my photographs. I shudder at my delusions of charity, at my shame masquerading as virtue, at lies I’ve told myself, punishments I’ve inflicted on myself, and punishments I’ve inflicted on my mother.

Ma note
J’accorde ★ ★ ★ ★ ★ à Nous les menteurs. Je m’attendais à une grosse surprise mais une fois le secret dévoilé, j’ai été complètement époustouflée. Je n’en attendais pas autant de la part de l’auteur, mais elle apporte énormément de soin à tous les aspects techniques de son récit qui ne s’en trouve pas plus lourd pour autant. Nous les menteurs est incontestablement l’un des romans les plus surprenants de 2015. Vous ne verrez rien venir…

– – –
Nous les menteurs, E. Lockhart, 2014. (Livre lu en anglais.)

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2 réflexions sur “Nous les menteurs

  1. Pingback: Les lectures du mois : décembre. | Lire, c'est boire et manger.

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