Le crime du comte Neville

L’histoireLe crime du comte Neville
Le comte Henri Neville se rend chez Rosalba Portenduère, une voyante qui a trouvé sa fille qui avait fait une fugue. Au passage, elle lui prédit qu’à sa prochaine garden-party, il assassinera un invité…

Mon avis

Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne.

Le nouveau roman d’Amélie Nothomb met en scène une famille aristocrate qui subit la crise comme vous et moi. Le Pluvier, le domaine, sera vendu car la famille ne parvient plus à subvenir à ses besoins. Mais quand il s’agit de faire la fête lors d’une garden-party, là, on ne se serre plus la ceinture ! Henri et Alexandra sont des gens complètements normaux qui ont eu des enfants à qui ils ont donné des prénoms prout-prout pour faire genre, comme on dit, et qui ont sans aucun doute un destin tout tracé : Oreste, Electre, les deux ainés et Sérieuse, la dernière. L’auteur se moque bien gentiment de ces gens désabusés et faux intellos qui feront de leur mieux pour sauver les apparences bien que le Pluvier, personnage à part entière, soit condamné. Derrière tout ça, les valeurs de la famille sont bien discrètes, voire carrément chamboulées dans cet univers hors norme et ces relations dignes d’une pièce de théâtre surréaliste et contemporaine qui nous hypnotiserait. Au centre de la scène, une jeune fille de dix-sept ans qui subit de plein fouet la crise de l’adolescence au point de conclure une affaire surprenante et inattendue avec son père, autre personnage central dont le coeur balance entre provoquer aveuglément la prédiction de l’étrange voyante et tenter tant bien que mal de tisser un lien inévitable avec sa petite dernière. On reconnaît bien là Amélie Nothomb : des prénoms et des destinés improbables et intelligents dans un contexte ordinaire mais presque surnaturel sous sa plume et une fin abrupte et inattendue qui sait nous surprendre.

Ma note
J’accorde ★ ★ ★ ☆ ☆ à Le crime du comte Neville. J’ai passé un moment court mais agréable en compagnie de ces personnages forts de part leur originalité et leur puissance mais aussi grâce à cette intrigue sans longueur et un suspens captivant. Il m’a manqué cependant quelque chose pour profiter pleinement de ma lecture, comme il m’a manqué quelque chose lorsque j’avais lu d’autres fictions de Nothomb (ses romans auto-biographiques sont sans nul doute plus faciles à aborder). En effet, ses histoires sont riches et intelligentes, bourrées d’allusions. Ici, à la mythologie ; et c’est inévitable de passer à côté de quelque chose lorsque par exemple, le destin d’Electre vous échappe ou que vous ne vous souvenez pas avoir étudié Oreste à l’école. Amélie Nothomb, c’est un tout autre monde qu’il est possible d’explorer seulement lorsque on s’est entraîné un peu avant.

– – –
Le crime du comte Neville, Amélie Nothomb, 2015.

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Une réflexion sur “Le crime du comte Neville

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